Quel est l'impact de la confiance sur les troubles de l'érection en Europe ?

Est-ce le manque de confiance en soi qui entraîne des troubles de l’érection, ou est-ce l’inverse ? Une enquête menée dans 12 pays européens sur 8 576 hommes et femmes, menée par Double Helix Development à l’initiative de Pfizer, nous en dit plus sur les liens étroits entre la confiance et la vie sexuelle.

Cette enquête auprès de milliers d’européens de 25 à 64 ans (dont 1003 Français) a tout d’abord évalué les piliers de la confiance sexuelle. Pour 8 européens sur 10 (79 %), la confiance sexuelle d’un homme est liée à sa capacité à satisfaire sa (ou son) partenaire. Loin derrière, la possibilité d’atteindre l’orgasme à chaque rapport sexuel (34 % en Europe, 40 % en France), d’avoir une érection complètement rigide (33 % des Européens et des Français) ou d’attirer des partenaires sexuels (19 % des Français). Si la confiance paraît avant tout reposer sur l’aptitude à satisfaire sexuellement sa moitié, cette notion semble, pour les hommes, principalement rattachée à la qualité de l’érection. En effet les deux tiers des hommes européens interrogés (67 % en France, 46 % seulement en Turquie) constatent une diminution, voire une perte, de leur assurance et de l’estime de soi, après une érection insuffisamment rigide lors d’un rapport sexuel. Ce manque de confiance rejaillit également sur les aspects non sexuels de la vie -sociale, professionnelle, familiale, amicale- pour 9 hommes sur 10. La dysfonction érectile, perçue comme centrale, a donc un retentissement majeur sur la confiance. Pourtant, elle est mal connue : 1 homme sur 3 ignore qu’il s’agit d’une incapacité à obtenir et surtout maintenir une érection suffisante. De plus, l’affirmation selon laquelle “le traitement de la dysfonction érectile permet aux hommes de vivre normalement“ n’est approuvée que par une petite moitié des européens (France : 46 %, Italie : 37 %, Turquie : 22 %…), à l’exception de la Finlande (81 %) . Et ce malgré l’arrivée des inducteurs de l’érection (Viagra®, Cialis®, Levitra®) et la médiatisation de leur efficacité (en dehors de rares cas de causes organiques trop sévères).

Ces résultats soulignent à la fois une méconnaissance de la dysfonction érectile et de l’utilité ses traitements, alors que son impact sur la confiance paraît majeur. Comment faire confiance et garder confiance, comment aller au-delà de ce blocage ? Pour le Dr André Corman, président du syndicat national des médecins sexologues, “l’incertitude inhibe l’érection, le cerveau recevant en même temps des signaux d’anxiété et de désir“ ; il faut donc restaurer la confiance, “antidote de l’incertitude, du doute“.Même si les médicaments ne peuvent pas tout résoudre d’un coup de baguette magique, leur commercialisation depuis une dizaine d’années a cependant permis aux médecins de ne plus centrer leur thérapie uniquement sur la réassurance. Il est donc important d’arriver à en parler à un médecin, généraliste ou sexologue, pour un regard global sur cette problématique : évaluation du degré de dysfonction et d’altération de la confiance, recherche de causes, explication claire de la situation et instauration d’une prise en charge adaptée, avec si nécessaire des médicaments. Leur utilisation correcte, grâce aux explications médicales, doit permettre de lever l’incertitude liée à l’obtention et au maintien de l’érection, et donc restaurer une partie de la confiance envolée, ce qui tranquillise les relations sexuelles. Comme l’a souligné le Dr Sylvain Mimoun lors de la présentation de cette étude à Lyon, “quand dans un couple, la sexualité va bien elle n’est pas importante. Mais quand il y a un problème, elle devient centrale“.Jean-Philippe RivièreSource : Enquête européenne Men’s SexualL Health, présentée lors du séminaire “La confiance au carrefour de la dysfonction érectile“, Dr André Corman et Sylvain Mimoun, Rencontres ID Presse&Papiers, Lyon, 10 octobre 2009

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