Mad Max, le théâtre, Batman…Tom Hardy, une irrésistible ascension

De ses débuts sur les planches à la reprise du cultissime rôle jadis tenu par Mel Gibson dans “Mad Max : Fury Road”, Tom Hardy a su se forger en à peine plus de 10 ans l’image d’un acteur respecté tant par le public que dans la profession.

En un peu plus de dix ans, Tom Hardy a vu sa carrière suivre une impressionnante trajectoire ascendante, tout en gagnant ses galons d’acteur unanimement respecté au sein de la profession. Habitué aux rôles exigeant de puissantes transformations physiques dans lesquels l’acteur se glisse avec brio, le grand public a justement une propension à réduire sensiblement son talent à ces performances physiques, aussi bonnes soient-elles. Et ce n’est pas le cultissime rôle de Max Rockatansky, que Hardy reprend pile 30 ans après Mel Gibson et avec la bénédiction de George Miller dans son Mad Max Fury Road, qui laisserait penser le contraire. A l’occasion de la parution en DVD / Blu-ray de Fury Road, nous republions ci-dessous notre portrait consacré à ce formidable acteur.

La passion du théâtre avant tout

On l’oublie volontiers mais Tom Hardy est avant tout un acteur de théâtre. Un vrai. Entre 1998 et 2001, il est formé durant trois ans au prestigieux Drama Center de Londres, une des cinq meilleures écoles du pays pour l’apprentissage du métier d’acteur. Alors qu’il n’a même pas achevé sa formation, il parvient à se faire engager sur deux épisodes de la mini-série Frères d’armes produite par Steven Spielberg, et figure au casting de La Chute du faucon noir de Ridley Scott, film pour lequel il accomplira lui-même toute ses cascades. En 2002, il est choisi pour incarner le méchant Shinzon dans Star Trek Nemesis; une expérience qui l’a, de son propre aveu, terrorisé et éprouvé, à travailler jusqu’à 17h par jour.

Si Tom Hardy ne connaît donc pas vraiment les galères d’un début de carrière de nombreux aspirants comédiens, sa vie personnelle suit paradoxalement une spirale descendante jusqu’aux enfers de la boisson et de la drogue, avec une terrible addiction au crack. “J’aurai vendu ma mère pour un morceau de crack” dira-t-il quelques années plus tard. Au début, son addiction n’affecte pas sa carrière. Jusqu’à ce qu’il s’effondre couvert de sang et de vomi sur le trottoir un beau matin de 2002, dans le quartier de Soho à New York, une pipe de crack à la main.

Avec l’aide de ses parents dont il est très proche, il entame une cure de désintoxication pendant plusieurs semaines, au prix aussi d’un douloureux divorce avec la comédienne Sarah Ward, avec qui il était marié depuis 1999. “C’est le travail qui m’a sauvé” dira-t-il; “le premier job que j’ai fait en sortant de cure a été de jouer dans la pièce “In Arabia We’d All Be Kings”, où je joue le rôle d’une petite frappe junkie. L’opportunité d’exorciser mes démons, soir après soir, a été un vrai cadeau”.

La critique et le public saluent sa performance dans la pièce jouée au réputé Hampstead Theatre de Londres, ainsi que dans la pièce Blood jouée au Royal Court Theatre. Il est ainsi récompensé par un Evening Standard Theatre Award en tant que meilleur jeune acteur (l’équivalent d’un Molière du meilleur espoir), et se voit décerner en 2004 une nomination aux Laurence Olivier Theatre Award. A 27 ans, Tom Hardy revient de loin, lui qui brûlait la vie par les deux bouts : “j’ai eu de la chance de ne pas finir en prison, sans hépatite ou le sida, ou même mort”.

2004, c’est l’année où il incarne dans le très sympathique Layer Cake un dealer aux côtés du futur James Bond Daniel Craig, puis change radicalement de registre deux ans plus tard en incarnant le Conte Rohan dans le Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Avant sa savoureuse prestation sous les traits de Handsome Bob dans le déjanté Rock’n Rolla de Guy Ritchie en 2008, Tom Hardy fait un crochet par la case TV dans le téléfilm Stuart : a Life Backward, produit pour la BBC. Donnant la réplique à Bénédict Cumberbatch, Hardy livre une composition solide et très émouvante de Shorter, un sans-abri violent souffrant d’addictions et de dystrophie musculaire. Un travail justement récompensé par une nomination au BAFTA du meilleur acteur. Ce n’est du reste ni la première ni la dernière fois que Hardy révèle son attirance pour les rôles de marginaux : “j’aime les personnages qui sont désespérés, solitaires, et qui ne sont pas regardés normalement sous le microscope. Arnaqueurs, maquereaux, méchants, ivrognes, sans-abri ou loosers, tous m’intéresse”.

C’est avec son extraordinaire composition dans Bronson, chez Nicolas Winding Refn, que Tom Hardy explose et s’attire les grâces d’Hollywood d’abord, du grand public ensuite. Sous les traits de Charles Bronson (de son vrai nom Michael Petersen), auto proclamé “détenu le plus violent de Grande-Bretagne”, Hardy livre un abattage phénoménal. Crâne rasé, moustache épaisse digne d’une bacchante du XIXe siècle, carrure de colosse, le résultat est un scotchant mélange de terrifiante brutalité, de poésie et de vaudeville, qui vaut à l’acteur en 2009 un British Independant Film Award du Meilleur acteur. C’est cette énergie incessante qui inonde l’acteur, à laquelle se mélange une violence parfois à peine contenue, que les cinéastes tels que Nicolas Winding Refn, Christopher Nolan, Gavin O’Connor, John Hillcoat ou Steven Knight sont allé chercher et qu’ils ont magnifiquement exploité, dans Inception, The Dark Knight Rises où il campe un écrasant Bane, Warrior, Des Hommes sans loi ou Locke.

Ci-dessous, la bande-annonce de “Bronson”, dans laquelle l’acteur crève littéralement l’écran.

Bronson Bande-annonce VO

Il est d’ailleurs l’unique tête d’affiche de ce thriller dégraissé jusqu’à l’os et tourné durant huit nuits. “Pour moi, Tom était le meilleur choix” explique Steven Knight, réalisateur du film. “Il a un visage et une personnalité qui retiennent votre attention. Pour nous, il a réalisé la meilleure performance de sa carrière”. Si l’on est pas tout à fait obligé de souscrire à la seconde partie des propos du cinéaste, il reste effectivement que tout le film repose sur les épaules et le charisme d’un Tom Hardy impérial. Les deux ne se quittent d’ailleurs plus : outre une participation en guest dans la saison 2 de la formidable série Peaky Blinders, ils ont également dans leurs cartons le développement de la mini série Taboo pour le compte de la BBC, qui retrace l’histoire d’un aventurier de retour d’Afrique cherchant à venger la mort de son père en 1813.

Ci-dessous, la bande-annonce de “Locke”.

Locke Bande-annonce VO

 

“Je n’ai aucune connexion à Hollywood…”

Comme il le dit lui-même, Tom Hardy n’a aucune connexion à Hollywood. Comprendre : faire antichambre auprès des producteurs ou des réalisateurs pour décrocher un rôle ne l’intéresse pas. Mieux : c’est Hollywood qui vient à lui. Ou alors ses amis qui le tuyaute sur des scénarios ou rôles susceptibles de l’intéresser. Comme Noomi Rapace, qui avait détecté le script de Quand vient la nuit signé Dennis Lehane, d’après une courte nouvelle écrite par lui. Après avoir rencontré le réalisateur Michael R. Roskam à Bruxelles (le réalisateur de l’impressionnant Bullhead, cité à l’Oscar du Meilleur film étranger), elle contacte Hardy via Skype pour évoquer le futur film avec lui, alors qu’il tourne dans le désert de Namibie Mad Max Fury Road sous les auspices de George Miller. Sous les traits du barmaid solitaire et taciturne Bob, Hardy, qui a avoué chercher l’inspiration du côté du serial killer américain Ted Bundy mélangé avec le personnage de Lennie dans le classique Des souris et des hommes de Steinbeck, incarne son personnage avec un troublante conviction.

Ci-dessous, la bande-annonce du film, qui marque aussi la dernière apparition du regretté James Gandolfini…

Quand vient la nuit Bande-annonce VO

C’est aussi en compagnie de son amie Noomi Rapace qu’il joue dans le thriller historique Enfant 44. Une adaptation cinématographique du roman homonyme, premier volet d’une trilogie à succès, rédigée sous la plume de l’écrivain britannique Tom Rob Smith. Qu’importe que le film se révèle finalement assez en-deçà de son support d’origine. C’est avant tout l’occasion pour Hardy de tourner pour la quatrième fois avec son idole : Gary Oldman. Un plaisir qui ne se refuse évidemment pas, et qui a commencé avec l’excellent film d’espionnage La Taupe, en 2011.

“Gary Oldman, c’est mon héros” dit-il. “Lorsque j’allais à l’école d’art dramatique, tout le monde avait l’habitude de citer des dialogues de ses personnages dans ses films, des Anges de la nuit en passant par Léon ou n’importe quel autre de ses films. Et j’étais là, assis, en pensant : “non non, je suis un bien meilleur fan de Gary Oldman que toi !”. Quand vous faites une imitation de lui, c’est un sacrilège ! Je lui ai tout volé, que ce soit pour mes compositions dans Bronson ou Stuart : a life Backward. C’est moi en train d’essayer de reproduire ce que Gary a fait, et lorsque je tourne avec lui, et bien j’ai l’impression de ne plus avoir mon propre personnage !”

Ci-dessous, la bande-annonce de La Taupe, première rencontre entre Oldman et Hardy.

La Taupe Teaser VO

“J’ouvre des portes pour vivre de nouvelles expériences…”

Hardy est un boulimique de travail. Il ne s’arrête pas, simplement parce que les offres de rôles se bousculent devant sa porte : “si vous êtes sur quelque chose, une fois que vous l’avez terminé, vous enchaînez directement sur un autre projet. Je vois mon travail d’acteur comme une sorte d’université, métaphoriquement parlant, et j’ai l’opportunité d’étudier les gens et la vie à travers mon travail. J’ouvre des portes pour vivre de nouvelles expériences que je ne pourrais pas avoir si je faisais un métier différent” disait Hardy dans une interview donnée au journal britannique The Independent, en octobre 2014.

Une nouvelle expérience, qui l’est assurément lorsqu’il s’agit de se glisser pour lui dans les bottes poussiéreuses de Mad Mel Gibson, sous la houlette du réalisateur australien George Miller. Un sacré défi aussi, tant le rôle de Mad Max est culte et cher au coeur des nombreux fans de la saga. Pas le genre de pression à effrayer Tom Hardy pourtant, qui a accepté de passer pas moins de sept mois (oui oui, sept !) dans le désert de Namibie, pour tourner l’ébouriffant Mad Max : Fury Road. Une oeuvre dont la violence et la folie -furieuse bien entendue- pourrait révolutionner le modèle hollywoodien du Blockbuster. On prend rendez-vous pour The Revenant, qui semble promettre une nouvelle performance hors-norme de l’acteur face à Leonardo DiCaprio?

The Revenant Bande-annonce VO

 

 

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