Le Hobbit, la bataille des cinq armées: quel final! **

Les sentiments sont partagés après avoir vu ce dernier volet du Hobbit. On a la confirmation que décliner le livre de J.R.R. Tolkien en trois films était une mauvaise idée tant cette Bataille des cinq armées, pourtant époustouflante visuellement, manque un peu de densité. Mais c’est un vrai sentiment de tristesse qui se dégage lorsque le mot fin arrive, mettant ainsi un terme à une formidable aventure cinématographique longue de 15 ans et six films.

Lorsqu’on a appris que Peter Jackson allait réaliser trois films du Hobbit, un livre pour enfant de quelque 300 pages, les critiques n’ont pas manqué de pointer du doigt une logique commerciale. Sa précédente trilogie du Seigneur des anneaux se justifiait pleinement tant chacun des trois tomes écrit par J.R.R. Tolkien était dense et riche en péripétie, mais avec Le Hobbiton se demandait comment le réalisateur allait pouvoir meubler trois longs films de plus de deux heures. Le dernier volet qui sort aujourd’hui sur nos écrans confirme les craintes soulevées: La bataille des cinq armées manque quelque peu de consistance.

Le film est visuellement ahurissant. Peter Jackson confirme son talent de réalisateur XXL. Les scènes de bataille n’ont plus de secret pour lui et celles de ce dernier volet sont extraordinaires. Tout comme le début du film, avec l’attaque du dragon Smaug. Malheureusement on sent vraiment que Peter Jackson n’avait plus d’élément du livre à mettre dans son film. Il a donc convoqué à nouveau Legolas, développer le personnage féminin de Tauriel (qui n’existe pas dans l’univers de Tolkien) et imaginer une histoire d’amour entre elle et un des nains de la communauté, histoire de donner un souffle romanesque à son film (au grand désespoir des fans de l’œuvre originelle). Il a fait aussi de Bard, l’un des héros de La bataille des cinq armées, alors que son rôle n’est pas aussi important dans le livre. Des libertés, des trahisons pour certains, dont on sent bien qu’elle servent à meubler un film surtout spectaculaire. Même Bilbo, autour de qui tourne le roman, n’a plus grand chose à faire dans cette histoire. Reste que ce Hobbit en met plein la vue et remplit parfaitement son contrat de film événement de cette fin d’année.

Malgré ces critiques, et ce petit sentiment d’inachevé, on ne peut s’empêcher de ressentir un peu de tristesse lorsque le mot « fin » arrive. Après quinze années et six films, Peter Jackson en a fini avec son exploration de l’univers de Tolkien. Ses adaptations composent une œuvre magnifique, riche, profonde, cohérente, qu’il faut aborder dans son intégralité pour l’apprécier. Avec Le seigneur des anneaux puis Le Hobbit, le réalisateur a signé deux grandes trilogies qui feront date dans l’histoire du cinéma.

Crédits photos : Mark Pokorny

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