La Boucherie de Job: un autre théâtre est possible

L’économie capitaliste est-elle un système nécessaire? Le metteur en scène italien Fausto Paradivino et son collectif revisitent la parabole religieuse pour interroger la foi de notre monde moderne dans des dieux étranges et cruels.

A la Commune d’Aubervilliers, en ce début d’année, on parlait Théâtre et Economie mondiale. Un vaste sujet pour cette scène engagée dont l’un des credo est ainsi résumé dans le titre d’un documentaire: “L’avenir du théâtre appartient à ceux qui n’y vont pas.” Jusqu’à ce week-end, le metteur en scène italien Fausto Paravidino y joue La boucherie de Job, présenté comme un “conte moderne à l’usage de tous”. Son Job est un boucher honnête et travailleur victime de la crise. Le fils de celui-ci, formé au libéralisme durant un voyage aux Etats-Unis, le convainc de restructurer le petit commerce ; Job sera-t-il prêt aux sacrifices qu’exigent de lui les nouveaux dieux de la finance?

“Puiser dans l’antique pour représenter le contemporain”, tel est donc le projet de Paradivino qui a occupé, pendant trois ans, le Teatro Valle, à Rome, pour résister à la privatisation et aux coupes budgétaires infligées à la culture. Sur le terreau de la protestation a germé une nouvelle institution, une Fondation d’Intérêt Général visant à “expérimenter ensemble une autre forme de démocratie à travers les arts et la culture, une autre idée du travail et du partage”. A Rome, l’occupation a cessé et l’écriture a pris le relais. La Boucherie de Job est la première création issue de cette petite révolution, “synthèse, dit Paradivino, de ce que nous pensons être ‘théâtre’.” “Ce qui m’intéresse, écrit-il encore au sujet de son spectacle, c’est le rapport entre le libéralisme (la religion de l’égoïsme) et notre culture, où la solidarité sociale et l’amour pour son prochain ne sont pas prévus comme optionnels.” Vous avez dit engagé?

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