Enquête sur l'excision en France

Entre 2007 et 2009, 685 femmes excisées ont été interrogées par l’Institut national des études démographiques. Difficultés dans la sexualité, douleurs, mal-être, gêne au quotidien… Bilan des conséquences désastreuses d’une mutilation qui touche environ

150 millions de femmes dans le monde.

L’enquête ExH (Excision et Handicap) de l’Ined a été réalisée auprès de 2 882 femmes adultes migrantes ou filles de migrantes entre 2007 et 2009, dans 5 régions de France (Haute-Normandie, Ile-de-France, PACA, Pays de la Loire et Nord-Pas-de-Calais). Parmi ces femmes, 685 victimes d’une mutilation sexuelle, l’excision (ablation du clitoris et, éventuellement, des petites voire des grandes lèvres). Il y aurait en France environ 53 000 femmes adultes excisées, selon une estimation de 2004.Dans l’enquête ExH, la comparaison des symptômes des femmes excisées et non excisées permet de constater l’association de différentes pathologies à l’excision : douleurs diverses souvent intenses et gênantes au quotidien, infections urinaires ou gynécologiques, déchirures à l’accouchement. Les femmes excisées sont également plus nombreuses que les autres femmes interrogées à souffrir de mal-être, de tristesse et de découragement.Des difficultés vécues dans la vie sexuelle ont aussi été mises en évidence, en particulier des troubles du désir sexuel, avec un vécu “peu satisfaisant voire systématiquement douloureux“. De nombreuses femmes interrogées font “spontanément le lien entre leur excision et ces difficultés“.Quant à la chirurgie réparatrice (

voir notre article), seules 5 % y ont eu recours, alors qu’elle est remboursée depuis 2003 et permet de pallier les complications évoquées ci-dessus. 20 % d’entre elles, les plus jeunes, se disent cependant “intéressées“ par cette possibilité, principalement “pour améliorer leur sexualité et, dans une moindre mesure, pour retrouver leur intégrité féminine ou pour des raisons de santé“. Les femmes qui n’y songent pas déclarent “accepter leur état actuel“, sans “en ressentir le besoin“.Enfin seules 3 % des filles de femmes excisées nées en France le sont aussi, alors que cette pratique est illégale. Ce risque s’élève lorsqu’elles ne sont pas nées en France, ou en cas de retour au pays.Cette enquête de l’Ined souligne donc l’importance des troubles liés à cette mutilation et ne peut qu’inciter à encourager la mobilisation pour qu’elle cesse, comme le font régulièrement les associations en France et en Afrique.

Par exemple, l’Unicef organise régulièrement des campagnes de prévention et de sensibilisation au Mali, en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays africains particulièrement touchés par cette pratique. Fin novembre, les leaders religieux musulmans et chrétiens ivoiriens ont ainsi, avec l’aide de l’Unicef, condamné l’excision, réaffirmant que “ce n’est pas une pratique religieuse“. Ils ont également lancé “un appel pressant au gouvernement, aux institutions internationales, Ong et organisations de la société civile à prendre toutes les mesures nécessaires et à agir“ pour l’élimination de l’excision, mais aussi du Vih/sida, et pour agir en faveur de“la protection de la survie de l’enfant“.“Non à l’excision“, chanson du chanteur de reggae ivorien Tiken Jah Fakoly (clip tourné au Mali), qui a découvert récemment l’ampleur des dégâts causés par l’excision et milite depuis pour sa disparition des traditions africaines :

TIKEN JAH FAKOLY “NON A L’EXCISION“
envoyé par

Tiken-Jah-FakolyJean-Philippe RivièreSources :– Fiche d’actualité de l’Ined “Les mutiliations sexuelles féminines en France : premiers résultats de l’enquête Excision et Handicap“, décembre 2009,

téléchargeable en ligne- “Atelier de sensibilisation: LES LEADERS RELIGIEUX CONDAMNENT L’EXCISION“, Fraternité Matin, 27 novembre 2009,

accessible en ligneClick Here: Maori All Blacks Store

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