Cancer de la prostate avancé : l’hormonothérapie continue augmente la survie

Faire des pauses au niveau du traitement pour les hommes atteints de cancers de la prostate avancés pourrait réduire leur espérance de vie. Chez les hommes dont le cancer ne s’est pas disséminé à tout l’organisme, une hormonothérapie délivrée par intermittence va réduire l’espérance de vie des patients, selon une étude présentée lors du congrès américain sur le cancer ASCO 2012.

Selon l'étude présentée par le Pr. Maha Hussain, l'hormonothérapie délivrée par intermittence réduit la survie des patients atteints de cancer de la prostate métastatique avancé.

Hormonothérapie intermittente ou continue ?Le

cancer de la prostate est sensible aux androgènes (en particulier à la

testostérone). Pour le combattre,

l’hormonothérapie vise à arrêter la production de cette hormone et ainsi à stopper la progression du cancer. Mais ces traitements peuvent handicaper la qualité de vie : baisse de la libido, troubles érectiles, bouffées de chaleur augmentation du poids… De précédentes études ont suggéré qu’un traitement intermittent (permettant d’arrêter et de reprendre l’hormonothérapie périodiquement) était sûr, comportait moins d’effets secondaires et pouvait peut-être retarder la résistance à ces traitements1. Une résistance que la plupart des cancers métastatiques finissent par développer.Mais le débat n’était pas clos car ces études incluait des hommes dont la seule évidence de progression du cancer de la prostate était l’évolution du dosage du PSA (un marqueur spécifique de la prostate mais qui reste un marqueur indirect de l’évolution du cancer, contrairement à une surveillance par imagerie beaucoup plus fiable) et des hommes atteints de cancers à différents stades (pas uniquement des phases métastatiques c’est-à-dire lorsque le cancer s’est disséminé au-delà de la prostate).La thérapie intermittente est moins efficace chez certains patientsPour mettre fin au débat, un groupe d’experts financés par le National Cancer Institute américain (NCI) a inclus dans une étude plus de 1 500 hommes atteints de cancers de la prostate hormonodépendant métastatique2. Traités pendant 7 mois en continu par hormonothérapie, leur

dosage du PSA a chuté à 4 ng/ml ou moins. Ils ont ensuite été répartis en deux groupes : les uns recevant une hormonothérapie intermittente, les autres une hormonothérapie en continu. Globalement, les hommes du premier groupe ont reçu, en moyenne, à peu près la moitié de la dose d’hormonothérapie administrée au second groupe.Après un suivi moyen de plus de 9 ans, la survie globale moyenne (période au bout de laquelle la moitié des hommes du groupe traité est encore en vie) était :- Chez les hommes ayant des cancers peu invasifs (avec des métastases qui ne se sont pas disséminées au-delà des ganglions lymphatiques ou des os de la colonne vertébrale et du bassin) de 7,1 ans sous hormonothérapie continue contre 5,2 ans sous hormonothérapie intermittente ;- Chez les hommes atteints d’une forme extensive du cancer (cancer plus “disséminé“), la survie moyenne est quasi-similaire dans les deux groupes (4,4 ans sous hormonothérapie continue et 5,2 ans sous hormonothérapie intermittente).Selon les chercheurs, il convient avant tout d’identifier le stade du cancer pour pouvoir adapter le mode d’hormonothérapie, intermittente ou continue. “Certains médecins recommandent une hormonothérapie intermittente aux hommes atteints de cancer de la prostate métastatique, croyant que cela va réduire le risque d’effets secondaires sans pour autant compromettre leur pronostic, mais ces résultats démontrent que cette approche est défavorable pour certains hommes“ déclare le Pr. Maha Hussain de l’Université du Michigan, principal auteur de l’étude. “Ces données prouvent clairement qu’une hormonothérapie intermittente n’est pas sans danger pour certains patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique. Les pratiques des médecins qui recourent en routine à ce traitement intermittent doivent changer“.David Bême1 – Intermittent Hormone Therapy: What Is Its Place in Clinical Practice? – Claude C. Schulman – European Urology Supplements 8 (2009) 852 – 856 (

accessible en ligne)2 – Intermittent (IAD) versus continuous androgen deprivation (CAD) in hormone sensitive metastatic prostate cancer (HSM1PC) patients (pts): Results of S9346 (INT-0162), an international phase III trial – Maha Hussain et al – ASCO 2012 – Abstract #4 – (

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